Recherche
Conférence « Droit international et justice pénale internationale » organisée par la Croix-Rouge et l'IRDEIC
Conférence « Droit international et justice pénale internationale » organisée par la Croix-Rouge et l'IRDEIC
le 30 mars 2026
Entrée libre
Arsenal
ou en ligne (QR code)
Présentation :
Conférence du Professeur Pierre Egea (Avocat) et du Dr Dahirou Sant-Anna (Conseiller en coopération internationale au bureau du procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI))
Depuis la Seconde Guerre mondiale, la communauté internationale s’est progressivement dotée d’un système de juridictions internationales, complémentaires des tribunaux nationaux, afin de juger les personnes accusées de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Il s’agit d’un système double, composé d’une part de tribunaux ad hoc et d’autres tribunaux internationalisés mis en place après un conflit déterminé et, d’autre part, la Cour pénale internationale.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les puissances victorieuses ont mis en place des tribunaux pénaux en Allemagne et au Japon pour juger les crimes de guerre qui avaient été perpétrés contre des civils et des combattants alliés au cours des hostilités. Malgré certaines réticences à ce que les vainqueurs prennent une telle initiative, l'opinion publique était largement favorable à ces procès en raison de l'atrocité des crimes commis, notamment des tueries en masse de Juifs et d'autres minorités. Contrairement à ce qui s'était passé lors des guerres précédentes, près de la moitié des victimes de la Seconde Guerre mondiale étaient des civils. C'est pour cette raison que la communauté internationale a apporté tout son soutien aux initiatives qui ont été engagées, principalement dans le domaine du droit conventionnel, pour étendre la portée du droit international humanitaire (DIH) et ainsi mieux protéger les civils.
Le CICR a donc accueilli avec satisfaction à la fois l'adoption des quatre Conventions de Genève en août 1949, qui ont permis de développer le droit international humanitaire, et la création d’une compétence universelle obligatoire à l'égard des infractions graves à ce droit, comme moyen de mettre fin à l'impunité pour les crimes de guerre.
Près de 50 ans plus tard, la fin de la Guerre froide et l'émergence de nouveaux conflits en Europe et en Afrique, qui ont fait des centaines de milliers de victimes parmi la population civile, ont convaincu le Conseil de sécurité des Nations Unies de la nécessité d'établir à nouveau des tribunaux pénaux internationaux ad hoc.
Le conflit armé dans les Balkans a conduit l'ONU à mettre en place un tribunal pénal international à La Haye, aux Pays-Bas, afin de juger les auteurs des crimes de guerre, génocides et crimes contre l'humanité commis lors de ce conflit. Peu après, l'ONU a également mis sur pied un tribunal à Arusha, en Tanzanie, pour qu'il juge les violations du DIH et les autres crimes internationaux qui ont été commis au Rwanda au début des années 1990.
Depuis, des tribunaux spéciaux ont également été institués pour poursuivre les auteurs de crimes relevant du droit national et international. On trouve des exemples de ces tribunaux mixtes au Kosovo, en Bosnie-Herzégovine, au Timor-Leste, en Sierra Leone, au Cambodge et, plus récemment, au Liban.
Ces tribunaux pénaux internationaux (et mixtes) peuvent contribuer à développer et à préciser le droit international humanitaire et le droit des droits de l'homme. Ils peuvent inciter à un plus grand respect du DIH en rendant justice aux victimes. Ils peuvent aussi avoir un effet dissuasif lors de futurs conflits armés et contribuer à la réconciliation et à la reconstruction en établissant la vérité des faits survenus pendant un conflit.
La décision de la communauté internationale, en 1998, d'instituer la Cour pénale internationale, visait également à répondre à ces préoccupations par la création d'une instance capable d’exercer sa compétence quand les États ne peuvent pas ou ne veulent pas engager des poursuites.
Animée par Théo Delcloup, Doctorant à l'Université Toulouse Capitole, IRDEIC
Référent Territorial de la Croix-Rouge française en Haute-Garonne- Droit International Humanitaire
Présentation du cycle de conférences.
La Croix-Rouge française s'emploie à promouvoir et diffuser le droit international humanitaire (DIH) et les principes humanitaires.
Reconnaissant l'importance de sensibiliser les décideurs et les guides d’opinion de demain, la Croix-Rouge française diffuse le DIH auprès des porteurs d’armes, des responsables politiques et afin de préparer l’avenir, les programmes s’adressent aussi aux jeunes et aux étudiants.
Le droit international humanitaire vise à restreindre, pour des raisons humanitaires, les effets néfastes des conflits armés, en protégeant celles et ceux qui ne participent pas ou plus aux hostilités et en limitant le choix des moyens et des méthodes de guerre. Si les États sont les premiers responsables de l’application du DIH, le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge contribue à sa bonne application. Il a pour rôle d’appuyer les États dans la diffusion, le développement et le respect du DIH. À travers son action, la Croix-Rouge française participe à cette mission.
- Introduction au Droit International Humanitaire " , 31 octobre 2025
- Droit international Humanitaire et nouvelle technologies " 26 novembre 2025
- Conflits armés et droits de l’Homme, 26 janvier 2026
- L’assistance humanitaire dans les conflits armés " février 2026
- Droit international humanitaire et droits humains
- Droit international humanitaire et justice pénale internationale " mars 2026