Vous avez manqué les conférences du cycle "Les mariages forcés et le droit", sous la Direction scientifique de M. Valère Ndior, Maître de conférences en droit public IRDEIC ? Les résumés sont en ligne
12 juin 2017
A l’occasion de trois conférences d’une demi-journée organisées à l’Université Toulouse 1 Capitole (27 mars, 25 avril et 29 mai 2017), universitaires et praticiens ont envisagé les problèmes juridiques suscités par les pratiques de mariages forcés et débattu de l’efficacité des instruments et dispositifs de protection des victimes. Retour sur les 3 conférences du cycle

Le phénomène des mariages forcés recouvre l’ensemble des situations dans lesquelles un individu, mineur ou majeur, est contraint de former une union civile ou religieuse sans son libre et plein consentement. Cette pratique résulte le plus souvent de contraintes sociales ou familiales associées à des convictions religieuses ou culturelles, voire, dans certains territoires, à l’existence d’enjeux économiques. Des règles spécifiques ont été développées afin d’endiguer ce phénomène et de protéger ainsi les individus qui y sont exposés. Outre les instruments internationaux de protection des droits de l’homme, lesquels énoncent que le mariage ne peut être conclu qu’avec le libre et plein consentement des futurs époux, des législations nationales tentent d’encadrer cette pratique, notamment en modifiant l’âge légal minimum du mariage ou en établissant des sanctions pénales contre ceux qui planifient ou célèbrent l’union (en France, article 222-14-4 du Code pénal, créé par la loi n°2013-711 du 5 août 2013 pour mettre en œuvre la Convention d’Istanbul du 11 mai 2011).
La lutte contre les mariages forcés peut également supposer une action des pouvoirs publics, de la société civile et des autorités diplomatiques et consulaires, notamment dans le but de rapatrier des personnes ayant été éloignées de leur pays de résidence pour être mariées. L’élaboration d’un cadre juridique efficace aux échelles régionale et internationale est cependant rendue difficile par la disparité des législations.
Une majorité de pays autorise les mariages de mineurs avec le consentement des parents et tuteurs, avec l’autorisation du juge ou lorsque sont invoquées des pratiques culturelles ou religieuses. Certaines législations distinguent par ailleurs l’homme et la femme en termes d’âge légal du mariage, tandis que dans plusieurs pays coexistent des règles et pratiques communautaires contradictoires.
Enfin, l’application effective d’une législation nationale peut être compromise par les conditions de développement régnant dans le pays, notamment par l’absence d’emprise des pouvoirs publics sur les situations se produisant dans des régions reculées.

Ces nombreuses difficultés offrent autant de perspectives de réflexion et d’échange, explorées par les participants lors des conférences composant ce cycle.

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